Robert F Kennedy on GDP

And this is one of the great tasks of leadership for us, as individuals and citizens this year.  But even if we act to erase material poverty, there is another greater task, it is to confront the poverty of satisfaction – purpose and dignity – that afflicts us all.  Too much and for too long, we seemed to have surrendered personal excellence and community values in the mere accumulation of material things.  Our Gross National Product, now, is over $800 billion dollars a year, but that Gross National Product – if we judge the United States of America by that – that Gross National Product counts air pollution and cigarette advertising, and ambulances to clear our highways of carnage.  It counts special locks for our doors and the jails for the people who break them.  It counts the destruction of the redwood and the loss of our natural wonder in chaotic sprawl.  It counts napalm and counts nuclear warheads and armored cars for the police to fight the riots in our cities.  It counts Whitman’s rifle and Speck’s knife, and the television programs which glorify violence in order to sell toys to our children.  Yet the gross national product does not allow for the health of our children, the quality of their education or the joy of their play.  It does not include the beauty of our poetry or the strength of our marriages, the intelligence of our public debate or the integrity of our public officials.  It measures neither our wit nor our courage, neither our wisdom nor our learning, neither our compassion nor our devotion to our country, it measures everything in short, except that which makes life worthwhile.  And it can tell us everything about America except why we are proud that we are Americans.

Robert F Kennedy : quotes

Too often we excuse those who build their lives in the shattered dreams of other human beings

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You can lose popularity by doing something or you can lose it by doing nothing. You can lose it anyway. It’s there to be spent.

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I come to Brazil to see what leadership you will give to the Great War or revolution of our time-the war against the age-old enemies of man: tyranny and disease, hunger and ignorance.

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It is one thing to assure a man the legal right to eat in a restaurant; it is another thing to assure that he can earn the money to eat there

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The revolution is directed against us – against the one third of the world that diets while others starve; against a nation that buys eight million new cars a year while most of the world goes without shoes

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François Cheng

Suivre le poisson, suivre l’oiseau.
Si tu envies leur erre, suis-les
Jusqu’au bout. Suivre leur vol, suivre
Leur nage, jusqu’à devenir
Rien. Rien que le bleu d’où un jour 
A surgi l’ardente métamorphose,

Le Désir même de nage, de vol.

Homère

βῆ δ᾽ ἀκέων παρὰ θῖνα πολυφλοίσβοιο θαλάσσης: 

Et il allait, silencieux, le long du rivage de la mer aux bruits sans nombre Lattimore: and went silently away beside the murmuring sea beach

μή μοι δῶρ᾽ ἐρατὰ πρόφερε χρυσέης Ἀφροδίτης: οὔ τοι ἀπόβλητ᾽ ἐστὶ θεῶν ἐρικυδέα δῶρα ὅσσά κεν αὐτοὶ δῶσιν, ἑκὼν δ᾽ οὐκ ἄν τις ἕλοιτο:

Ne me reproche point les dons aimables d’Aphroditè d’or. Il ne faut point rejeter les dons glorieux des Dieux, car eux seuls en disposent, et nul ne les pourrait prendre à son gré

δημοβόρος βασιλεὺς ἐπεὶ οὐτιδανοῖσιν ἀνάσσεις

Et la Déesse, ayant ainsi parlé, jeta dans son cœur un doux souvenir de son premier mari, et de son pays, et de ses parents. 

ὣς εἰποῦσα θεὰ γλυκὺν ἵμερον ἔμβαλε θυμῷ 140ἀνδρός τε προτέρου καὶ ἄστεος ἠδὲ τοκήων

« Ébranleur du sol, tu me dirais que j’ai l’esprit atteint si je partais en guerre contre toi pour de pauvres humains, pareils à des feuilles, qui tantôt vivent pleins d’éclat, en mangeant le fruit de la terre et tantôt se consument et tombent au néant »

ἔτλην δ᾽ οἷ᾽ οὔ πώ τις ἐπιχθόνιος βροτὸς ἄλλος, ἀνδρὸς παιδοφόνοιο ποτὶ στόμα χεῖρ᾽ ὀρέγεσθαι.

J’ai enduré ce qu’aucun autre homme sur terre n’a déjà enduré:
Porter à mes lèvres les mains du bourreau de mes enfants.

Hérodote

J’ai parlé ailleurs des coutumes des Gètes, qui se disent immortels : quant à celles des Trauses, elles ressemblent parfaitement aux usages du reste des Thraces, excepté en ce qui regarde les enfants nouveau-nés et les morts. Lorsqu’il naît chez eux un enfant, ses parents, assis autour de lui, font une énumération de tous les maux auxquels la nature humaine est sujette, et gémissent sur le sort fâcheux qu’il doit nécessairement éprouver pendant sa vie. Mais si quelqu’un meurt, ils en témoignent de la joie en le mettant en terre, et se réjouissent du bonheur qu’il a d’être délivré d’une infinité de maux.

Carlos Drummond de Andrade

Ah por que tocar em cordilheiras e oceanos!
Sou tão pequeno (sou apenas um homem)
e verdadeiramente só conheço minha terra natal,
dois ou très bois, o caminho roça,
alguns versos que li há tempos, alguns rostos que contemplei.
Nada conto do ar e da água, do mineral e da folha,
ignoro profundamente a natureza humana

e acho que não devia falar nessas coisas.
Sous apenas o sorrisona face de um homem calado.

Le Cantique des Cantiques

Comme un pommier au milieu des arbres de la forêt, Tel est mon bien-aimé parmi les jeunes hommes. J’ai désiré m’asseoir à son ombre, Et son fruit est doux à mon palais.

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Comme un ruban d’écarlate, tes lèvres ; tes paroles : une harmonie. Comme une moitié de grenade, ta joue au travers de ton voile.

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Tes deux seins : deux faons, jumeaux d’une gazelle ; ils pâturent parmi les lis.

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Que tu es belle, mon amie, que tu es belle ! Tes yeux sont des colombes.

Que tu es beau, mon bien aimé, que tu es aimable ! Notre lit, c’est la verdure.

Les solives de nos maisons sont des cèdres, Nos lambris sont des cyprès.

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Je suis un narcisse de Saron,
Un lis des vallées.
Comme un lis au milieu des épines,
Telle est mon amie parmi les jeunes filles

Le cri de Job

Après cela, Job ouvrit la bouche et maudit le jour de sa naissance. Il prit la parole et dit :

 « Périssent le jour qui m’a vu naître et la nuit qui a déclaré : “Un homme vient d’être conçu !”

Ce jour-là, qu’il soit ténèbres ; que Dieu, de là-haut, ne le convoque pas, que nulle clarté sur lui ne resplendisse !

Que le revendiquent ténèbres et ombre de mort, qu’une nuée sur lui repose, que les éclipses l’épouvantent !

Cette nuit-là, que l’obscurité s’en empare, qu’elle ne s’ajoute pas aux jours de l’année, qu’elle n’entre pas dans le compte des mois !

Oui, que cette nuit soit stérile, que nul cri d’allégresse n’y résonne !

Qu’elle soit malédiction pour ceux qui maudissent le jour, ceux qui sont prêts à réveiller Léviathan !

Que s’éteignent les étoiles de son aube, que cette nuit attende en vain la lumière, et n’entrevoie pas les paupières de l’aurore !

Car elle n’a pas scellé pour moi les portes de la matrice ni voilé à ma vue la misère.

Pourquoi ne suis-je pas mort dès le sein de ma mère, n’ai-je pas expiré au sortir de son ventre ?

Pourquoi s’est-il trouvé deux genoux pour me recevoir, deux seins pour m’allaiter ?

Maintenant je serais étendu, au calme, je dormirais d’un sommeil reposant, avec les rois et les conseillers de la terre qui se bâtissent des mausolées, ou avec les princes qui ont de l’or et remplissent d’argent leurs demeures. Ou bien, comme l’avorton que l’on dissimule, je n’aurais pas connu l’existence, comme les petits qui n’ont pas vu le jour. Là, au séjour des morts, prend fin l’agitation des méchants, là reposent ceux qui sont exténués.

 De même, les prisonniers sont en paix, ils n’entendent plus les cris du gardien. Petits et grands, là, sont égaux, et l’esclave est affranchi de son maître.

Pourquoi Dieu donne-t-il la lumière à un malheureux, la vie à ceux qui sont pleins d’amertume, qui aspirent à la mort sans qu’elle vienne, qui la recherchent plus avidement qu’un trésor ?  Ils se réjouiraient, ils seraient dans l’allégresse, ils exulteraient s’ils trouvaient le tombeau. Pourquoi Dieu donne-t-il la vie à un homme dont la route est sans issue, et qu’il enferme de toutes parts ?

En guise de pain, je n’ai que mes sanglots ; comme les eaux, mes rugissements déferlent.

 La terreur qui me terrifie se réalise, et ce que je redoute m’arrive.  Ni calme pour moi, ni tranquillité, ni repos, rien que tourment !

Henri Bataille – Déjà !

Hé quoi ?… Déjà ?… Amour léger comme tu passes !
A peine avons-nous eu le temps de les croiser
Que mutuellement nos mains se désenlacent.
Je songe à la bonté que n’a plus le baiser.

Un jour partira donc ta main apprivoisée !
Tes yeux ne seront plus les yeux dont on s’approche.
D’autres auront ton cœur et ta tête posée.
Je ne serai plus là pour t’en faire un reproche.

Quoi ? Sans moi, quelque part, ton front continuera !
Ton geste volera, ton rire aura sonné,
Le mal et les chagrins renaîtront sous tes pas ;
Je ne serai plus là pour te le pardonner.

Sera-t-il donc possible au jour qui nous éclaire,
A la nuit qui nous berce, à l’aube qui nous rit,
De me continuer leur aumône éphémère,
Sans que tu sois du jour, de l’aube et de la nuit ?

Sera-t-il donc possible, hélas, qu’on te ravisse,
Chaleur de mon repos qui ne me vient que d’elle !
Tandis que, loin de moi, son sang avec délice
Continuera son bruit à sa tempe fidèle.

La voilà donc finie alors la course folle ?
Et tu n’appuieras plus jamais, sur ma poitrine,
Ton front inconsolé à mon cœur qui console,
Rosine, ma Rosine, ah ! Rosine, Rosine !

Voici venir, rampant vers moi comme une mer,
Le silence, le grand silence sans pardon.
Il a gagné mon seuil, il va gagner ma chair.
D’un coeur inanimé, hélas, que fera-t-on ?

Eh bien, respire ailleurs, visage évanoui !
J’accepte. A ce signal séparons-nous ensemble…
Me voici seul ; l’hiver là… c’est bien… Nuit.
Froid. Solitude… Amour léger comme tu trembles !