Acrobatas

Subamos! 
Subamos acima 
Subamos além, subamos 
Acima do além, subamos! 
Com a posse física dos braços 
Inelutavelmente galgaremos 
O grande mar de estrelas 
Através de milênios de luz. 

Subamos! 
Como dois atletas 
O rosto petrificado 
No pálido sorriso do esforço 
Subamos acima 
Com a posse física dos braços 
E os músculos desmesurados 
Na calma convulsa da ascensão. 

Oh, acima 
Mais longe que tudo 
Além, mais longe que acima do além! 
Como dois acrobatas 
Subamos, lentíssimos 
Lá onde o infinito 
De tão infinito 
Nem mais nome tem 
Subamos! 

Tensos 
Pela corda luminosa 
Que pende invisível 
E cujos nós são astros 
Queimando nas mãos 
Subamos à tona 
Do grande mar de estrelas 
Onde dorme a noite 
Subamos! 

Tu e eu, herméticos 
As nádegas duras 
A carótida nodosa 
Na fibra do pescoço 
Os pés agudos em ponta. 

Como no espasmo. 

E quando 
Lá, acima 
Além, mais longe que acima do além 
Adiante do véu de Betelgeuse 
Depois do país de Altair 
Sobre o cérebro de Deus 

Num último impulso 
Libertados do espírito 
Despojados da carne 
Nós nos possuiremos. 

E morreremos 
Morreremos alto, imensamente 
Imensamente alto.

Vinicius de Moraes – Elegias

Ah que a mulher dê sempre a impressāo de que se se fechar os olhos 
Ao abri-los ela não mais estara présente
Com seu sorriso e suas tramas

***

Je te demande pardon pour t’aimer tout à coup
Quoique mon amour soit une vieille chanson à tes oreilles.
Des heures que j’ai passées à l’ombre de tes gestes
Buvant dans ta bouche le parfum des sourires
Des nuits que j’ai vécues bercé
Par la grâce indicible de tes pas éternellement fuyant
Je porte la douceur de ceux qui acceptent mélancoliquement
Et je peux te dire que ma grande affection pour toi
Ne porte ni l’exaspération des larmes ni la fascination des promesses
Ni les mystérieuses paroles des voiles de l’âme
C’est un repos, une onction, un débordement de caresses
Et elle te prie seulement de te reposer, calme, très calme,
Et de laisser les mains ardentes de la nuit rencontrer sans fatalité le regard extatique de l’aurore

***

La lune projetait son profil azuré
Sur les vieilles arabesques des fleurs calmes
La petite véranda était comme le nid futur
Et les branchages s’égouttaient de gouttes qu’il n’y avait pas
Dans la rue ignorée les anges jouaient en rond…
Personne ne le savait, mais nous étions là.
Seuls les parfums tissaient la dentelle de la tristesse
Parce que les corolles étaient gaies comme des fruits
Et une peinture innocente bourgeonnait du dessin des couleurs
Je me mis à rêver le poème de l’heure.
et, peut être à regarder mon visage exaspéré
par l’angoisse de te voir si vaguement amie
Peut-être à pressentir dans la chair mystérieuse
La germination étrange de mon indicible appel

J’ai entendu brusquement la clarté de ton rire
Comme un gazouillis de pierre sous l’eau baignée de lune
Et il était tellement beau, tellement plus beau que la nuit
Tellement plus doux que le miel doré de tes yeux 
Qu’à le voir chanter sur tes dents comme une cymbale
Et ruisseler sur tes lèvres comme un suc
Et déferler entre tes seins comme une onde
J’ai pleuré doucettement dans la coquille de mes mains vides
De ce que tu m’aies possédé avant l’amour