Lévinas sur la caresse

La caresse consiste à ne se saisir de rien, à solliciter ce qui s’échappe sans cesse de sa forme vers un avenir – jamais assez avenir – à solliciter ce qui se dérobe comme s’il nétait pas encore. Elle cherche, elle fouille, ce c’est pas une intentionnalité de dévoilement mais de recherche : marche à l’invisible. Dans un sens, elle exprime l’amour mais souffre d’une incapacité de le dire. Elle a faim de cette expression même, dans un incessant accroissement de cette faiim. Elle va donc plus loin qu’à son terme, elle vise au-delà d’un étant. (…)La caresse ne vise ni une personne, ni une chose. Elle se perd dans un être qui se dissipe comme dans un rêve impersonnel sans volonté et même sans résistance, une passivité, un anonmat déjà animal ou enfantin, tout entier déjà à la mort.

Totalité et Infi