Joue et dors, bonne soif, nos oppresseurs ici ne sont pas sévères.
Volontiers ils plaisantent ou nous tiennent le bras.
Pour traverser la périlleuse saison.
Sans doute, le poison s’est-il assoupi en eux,
Au point de desserrer leur barbare humeur.
Comme ils nous ont pourtant pourchassés jusqu’ici, ma soif,
Et contraints à vivre dans l’abandon de notre amour réduit à une mortelle providence !
Aromates, est-ce pour vous ? Ou toutes plantes qui luttez sous un mur de sécheresse, est-ce pour vous ? Ou nuages au grand large, prenant congé de la colonne ?
Dans l’immense, comment deviner ?
Qu’entreprendre pour fausser compagnie à ces tyrans, ô mon amie ?
Joue et dors, que je mesure bien nos chances.
Mais, si tu me viens en aide, je devrais t’entraîner avec moi, et je ne veux pas t’exposer.
Alors, restons encore… Et qui pourrait nous dire lâches ?
Category: René Char
Feuillet d’Hypnos
Il ne faudrait pas aimer les hommes pour leur être d’un réel secours. Seulement désirer rendre meilleure telle expression de leur regard lorsqu’il se pose sur plus appauvri qu’eux, prolonger d’une seconde telle minute agréable de leur vie. À partir de cette démarche et chaque racine traitée, leur respiration se ferait plus sereine. Surtout ne pas entièrement leur supprimer ces sentiers pénibles, à l’effort desquels succède l’évidence de la vérité à travers pleurs et fruits.
Seuils
“Quand s’ébranla le barrage de l’homme, aspiré par la faille géante de l’abandon du divin, des mots dans le lointain , des mots qui ne voulaient pas se perdre, tentèrent de résister à l’exorbitante poussée. Là se décida la dynastie de leur sens.
J’ai couru jusqu’à l’issue de cette nuit diluvienne..Planté dans le flageolant petit jour, ma ceinture pleine de saisons, je vous attends, ô mes amis qui allez venir. Déjà je vous devine derrière la noirceur de l’horizon. Mon âtre ne tarit pas de voeux pour vos maisons. Et mon bâton de cyprès rit de tout son coeur pour vous.”
J’habite une douleur
Ne laisse pas le soin de gouverner ton coeur à ces tendresses parentes de l’automne auquel elles empruntent sa placide allure et son affable agonie. L’oeil est précoce à se plisser. La souffrance connaît peu de mots. Préfère te coucher sans fardeau: tu rêveras du lendemain et ton lit te sera léger. Tu rêveras que ta maison n’a plus de vitres. Tu es impatient de t’unir au vent, au vent qui parcourt une année en une nuit. D’autres chanteront l’incorporation mélodieuse, les chairs qui ne personnifient plus que la sorcellerie du sablier. Tu condamneras la gratitude qui se répète. Plus tard, on t’identifiera à quelque géant désagrégé, seigneur de l’impossible.
Pourtant.
Tu n’as fait qu’augmenter le poids de ta nuit. Tu es retourné à la pêche aux murailles, à la canicule sans été. Tu es furieux contre ton amour au centre d’une entente qui s’affole. Songe à la maison parfaite que tu ne verras jamais monter. A quand la récolte de l’abîme? Mais tu as crevé les yeux du lion. Tu crois voir passer la beauté au-dessus des lavandes noires…
Qu’est-ce qui t’a hissé, une fois encore, un peu plus haut, sans te convaincre?
Il n’y a pas de siège pur.
(René Char, Le Poème Pulvérisé)
Anecdote sur René Char
« Il est est pas juif untel? Demande l’individu.
-Comment l’entendez vous ? Répond René en se redressant de toute sa stature de colonel de paras. « Non ce n’est pas ce que vous voulez dire, seulement je n’aime pas les antisémites. J’ai ici mes gourdins; Je suis vieux, mais j’ai encore la force de vous en casser un sur le dos si vous remettez les pieds ici »
in Paul Veyne, René Char
Allégeance
Dans les rues de la ville, il y a mon amour.
Peu importe où il va dans le temps divisé.
Il n’est plus mon amour : chacun peut lui parler.
Il ne se souvient plus qui, au juste, l’aima.
Il cherche son pareil dans le voeu des regards.
L’espace qu’il parcourt est ma fidelité.
Il dessine l’espoir, puis, léger, l’éconduit.
Il est prépondérant sans qu’il y prenne part.
Je vis au fond de lui comme une épave heureuse.
À son insu, ma liberté est son trésor !
Dans le grand méridien où s’inscrit son essor,
Ma solitude se creuse.
Dans les rues de la ville, il y a mon amour.
Peu importe où il va dans le temps divisé.
Il n’est plus mon amour : chacun peut lui parler.
Il ne se souvient plus qui, au juste, l’aima
Et l’éclaire de loin pour qu’il ne tombe pas !
Commune présence
tu es pressé d’écrire
comme si tu étais en retard sur la vie
s’il en est ainsi fais cortège à tes sources
hâte-toi
hâte-toi de transmettre
ta part de merveilleux de rébellion de bienfaisance
effectivement tu es en retard sur la vie
la vie inexprimable
la seule en fin de compte à laquelle tu acceptes de t’unir
celle qui t’es refusée chaque jour par les êtres et par les choses
dont tu obtiens péniblement de-ci de-là quelques fragments décharnés
au bout de combats sans merci
hors d’elle tout n’est qu’agonie soumise fin grossière
si tu rencontres la mort durant ton labeur
reçois-là comme la nuque en sueur trouve bon le mouchoir aride
en t’inclinant
si tu veux rire
offre ta soumission
jamais tes armes
tu as été créé pour des moments peu communs
modifie-toi disparais sans regret
au gré de la rigueur suave
quartier suivant quartier la liquidation du monde se poursuit
sans interruption
sans égarementessaime la poussière
Le Marteau sans maître
nul ne décèlera votre union.
Redonnez leur
Redonnez-leur ce qui n’est plus présent en eux,
Ils reverront le grain de la moisson s’enfermer dans l’épi et s’agiter sur l’herbe.
Apprenez-leur, de la chute à l’essor, les douze mois de leur visage,
Ils chériront le vide de leur coeur jusqu’au désir suivant ;
Car rien ne fait naufrage ou ne se plaît aux cendres ;
Et qui sait voir la terre aboutir à des fruits,
Point ne l’émeut l’échec quoiqu’il ait tout perdu.
–Fureur et Mystère
René Char : quelques aphorismes
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Le poète recommande : « penchez vous, penchez vous davantage. » il ne sort pas toujours indemne de sa page, mais comme le pauvre il sait tirer parti de l’éternité d’une olive
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Le cerveau, plein à craquer de machines, pourra-t-il encore garantir l’existence du mince ruisselet de rêve et d’évasion ? L’homme, d’un pas de somnambule, marche vers les mines meurtrières, conduit par le chant des inventeurs…
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J’ai confectionné avec des déchets de montagnes des hommes qui embaumeront quelque temps les glaciers…
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Nous sommes pareils à ces poissons retenus vifs dans la glace des lacs de montagne. La matière et la nature semblent les protéger cependant qu’elles limitent à peine la chance du pêcheur.
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Il ne faudrait pas aimer les hommes pour leur être d’un réel secours. Seulement désirer rendre meilleure telle expression de leur regard lorsqu’il se pose sur plus appauvri qu’eux, prolonger d’une seconde telle minute agréable de leur vie. A partir de cette démarche et chaque racine traitée, leur respiration se ferait plus sereine. Surtout, ne pas entièrement leur supprimer ces sentiers pénibles, à l’effort desquels succède l’évidence de la vérité à travers pleurs et fruits
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La contre-terreur, c’est ce vallon que peu à peu le brouillard comble, c’est le fugace bruissement des feuilles comme un essaim de fusées engourdies, c’est cette pesanteur bien répartie, c’est cette circulation ouatée d’animaux et d’insectes tirant mille traits sur l’écorce tendre de la nuit, c’est cette graine de luzerne sur la fossette d’un visage caressé, c’est cet incendie de la lune qui ne sera jamais un incendie, c’est un lendemain minuscule dont les intentions nous sont inconnues, c’est un buste aux couleurs vives qui s’est plié en souriant, c’est l’ombre à quelques pas, d’un bref compagnon accroupi qui pense que le cuir de sa ceinture va céder… qu’importent alors l’heure et le lieu où le diable nous a fixé rendez-vous!
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Ce soir un village d’oiseaux
Très haut exulte et passe
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L’action qui a un sens pour les vivants n’a de valeur que pour les morts, d’achèvement que dans les consciences qui en héritent et la questionnnent.
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Certains de mes actes se frayent une voie dans ma nature comme le train parcourt la campagne, suivant la même involonté, avec le même art qui fuit.
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L’homme qui ne voit qu’une source ne connaît qu’un orage. Les chances en lui sont contrariées
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Nous regardions couler devant nous l’eau grandissante. Elle effaçait d’un coup la montagne, se chassant de ses flancs maternels. Ce n’étais pas un torrent qui s’offrait à son destin mais une bête ineffable dont nous devenions la parole et la substance. Elle nous tenait amoureux sur l’arc tout-puissant de son imagination. Quelle intervention eût pu nous contraindre? La modicité quotidienne avait fui, le sang jeté était rendu à sa chaleur. Adoptes par l’ouvert, ponces jusqu’à l’invisible, nous étions une victoire qui ne prendrait jamais fin.
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L’intelligence avec l’ange, notre primordial souci.
(Ange, ce qui, à l’intérieur de l’homme, tient à l’écart du compromis religieux, la parole du plus haut silence, la signification qui ne s’évalue pas. (…) Connaît le sang, ignore le céleste. Ange: la bougie qui se penche au Nord du cœur)
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J’ai toujours le cœur content de partager à Forcalider, de prendre un repas chez les Bardouin, de serrer les mains de Marius l’imprimeur et de Figuière. Ce rocher de braves gens est la citadelle de l’amitié. Tout ce qui entrave la lucidité et ralentit la confiance est banni d’ici. Nous nous sommes épousés une fois pour toutes devant l’essentiel.
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Le poète ne peut pas longtemps demeurer dans la stratosphere du verbe. Il doit se lover dans de nouvelles larmes et pousser plus avant dans son ordre.
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Amer avenir, amer avenir, bal parmi les rosiers…
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Épouse et n’épouse pas ta maison
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Entre les deux coups de feu qui décidèrent de son destin, il eut le temps d’appeler une mouche « Madame »
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L’acte est vierge, même répété.
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Toute la masse d’arôme de ces fleurs pour rendre sereine la nuit qui tombe sur nos larmes
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Un oiseau chante sur un fil
Cette vie simple, à fleur de terre.
Notre enfer s’en réjouit.
Puis le vent commence à souffrir
Et les étoiles s’en avisent.
Ô folles, de parcourir
Tant de fatailité profonde !
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Si l’homme parfois ne fermait pas souverainement les yeux, il finirait par ne plus voir qui vaut d’être regardé.
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On ne se bat bien que pour les causes qu’on modèle soi-même et avec lesquelles on se brûle en s’identifiant.
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A en croire le sous-sol de l’herbe où chantait un couple de grillons cette nuit, la vie prénatale devait être douce.
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On ne fait pas un lit aux larmes comme à un visiteur de passage.
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Sagesse, toi qui composes l’avenir sans croire au poids qui décourage, qu’il sente s’élancer dans son corps l’électricité du voyage
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« J’ai, captif, épousé le ralenti du lierre à l’assaut de la pierre de l’éternité. » Afin qu’il n’y soit rien changé.
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Rivière au coeur jamais détruit dans ce monde fou de prison
Garde-nous violent et ami des abeilles de l’horizon
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« Notre désir retirait à la mer sa robe chaude avant de nager sur son cœur. » Afin qu’il n’y soit rien changé,
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« N’incitez pas les mots à faire une politique de masse. »
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« La poésie porte secours à l’instinct en perdition. »
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« Le rêve, machine à mortifier le présent »
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« L’instant est une particule concédée par le temps et enflammée par nous. »
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« Nous appartenons à ces ruisseaux prodigués qui poussent leurs eaux dans des terres de plus en plus accablées. »
« Qui boit à l’éclair goûte aussi son froment. »
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« la nuit circonspecte hésite à guérir la plaie du jour. »
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« Je vous écris en cours de chute, c’est ainsi que j’éprouve l’état d’être au monde. »
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“Ne viens pas trop tôt, amour, va encore;
L’arbre n’a tremblé que sa vie;
Les feuilles d’avril sont déchiquetées par le vent.
La terre apaise sa surfaceEt referme ses gouffres.
Amour nu, te voici, fruit de l’ouragan !
Je rêvais de toi décousant l’écorce.”
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« Un poète doit laisser des traces de son passage, non des preuves. Seules les traces font rêver ».
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« À chaque effondrement des preuves, le poète répond par une salve d’avenir »
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À tous les repas pris en commun, nous invitons la liberté à s’asseoir. La place demeure vide, mais le couvert est mis.
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Voici l’époque où le poète sent se dresser en lui cette méridienne force d’ascension. (162)
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Le fruit est aveugle. C’est l’arbre qui voit. (165)
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Être du bond. N’être pas du festin, son épilogue (197)
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Dans nos ténèbres, il n’y a pas une place pour la Beauté. Toute la place est pour la Beauté. (237)
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René Char – Camus
Notre amitié est une écorce libre. Elle ne se détache pas des prouesses de notre cœur.
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On est si mécontent de soi quand, rendu à la solitude de son terrier, on songe à ses meilleurs frères qu’on a mal aidés – non au « sens religieux » mais avec les ressources du verger secret réparties dans notre main et dans nos yeux et qui sont le seul digne héritage de nos foutus ancêtres, de temps en temps.
C’est une lettre silencieuse que j’aurais aimé vous écrire, comme la planche de Parménide dont parle Nietzsche, celles-là sont seules pleines de ce qui convient. Pas une pellicule de langue… Je crois, Albert, que nous avons bien et beaucoup marché ensemble depuis quelques années…
Nos semelles ont écrasé nombre de mots inutiles. Voyez. Et nous ne tirons pas les feux d’artifices avec des sentiments. Je vous envoie toute mon affection.
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Vous êtes un des rares hommes, Albert, que j’aime et que j’admire d’instinct et de connaissances à la fois (les deux si souvent se détruisent), ces hommes que le temps, le souci, l’espoir, la fatigue puis l’allégresse de vivre font grandir chaque jour dans notre coeur dont ils occupent et dessinent le sommet que la nature ne nous a point donné et qui n’est dû qu’à nous et à cet infime nombre de frères que nous chérissons et qui nous éclairent à tout moment là-haut…
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Mais je pense souvent à vous, à notre amitié : comme une pierre grecque. Le Temps relâche alors son hostilité ; mes mains ne sont plus tristes. Un peu d’enfance et de maquis réchauffent mon cœur perdu.