Frère Roger (Taizé)

Posé la plume pour accueillir un jeune syndicaliste dans la métallurgie. Deux mots ressortent avec force de notre entretien : lutte et contemplation. L’exigence de l’engagement politique des chrétiens se vit entre ces deux pôles. Avec la fougue qui le consume, il me parle de tous les pouvoirs oppressifs, non seulement ceux des puissances économiques, mais aussi parfois ceux qu’exercent les institutions syndicales installées. Il est convaincu que les milieux humains les plus opprimés appellent, en leur sein, des contemplatifs, capables de vivre avant tout l’amour du Christ.

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Sans arrière-pensée, sans regret, sans nostalgie, cueillir les événements, même minimes, avec un émerveillement non épuisable. 

Va chemine, mets un pas devant l’autre, avance du doute vers la foi et ne te préoccupe pas des impossibilités. Allume un feu, même avec les épines qui te déchirent.

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C’est à travers un don global de lui-même que l’homme se construit. S’il risque toute sa vie, en lui se prépare ce qu’il n’osait pas espérer.  Les situations d’impasse , de découragement, de lutte, loin de le démolir, le charpentent. Les chemins d’obscurité sont traversés par étapes successives : la solitude des longues nuits à peine éclairées, avec des soifs humaines non étanchées…. les amertumes, cette gangrène de l’être… les tempêtes… les peurs qui guettent au tournant de l’existence.

Le terrain est-il recouvert de ronces, de broussailles et d’épines? Avec les épines, le Christ allume un feu.  Demeure-t-il des racines d’amertume, des impossibilités d’aimer? 

Elles alimentent ce feu. Les faiblesses deviennent un creuset où céder et recréer encore le oui jour après jour. Le plus menaçant en l’homme se transforme en levier pour soulever sa lourdeur. 

(Grand mère souligne : Le moment vient où ce qui n’était même plus attendu est donné. Alors surgit l’inespéré.  En nous un reflet du Christ. Les autres voient ce rayonnement alors même que nous l’ignorons. Rien ne sert de savoir quel reflet nous apportons, il y en a tellement sur la terre qui rayonnent Dieu sans ke savoir et même peut être sans oser y croire.

Pour qui prend le risque de toute sa vie, il n’y a pas de chemin sans issue.