Car, si c’est la raison et la sagesse qui dissipent les soucis, et non les lieux qui dominent la vaste mer, en traversant celle-ci, on change de ciel, non d’esprit ; et nous nous épuisons en une oisiveté laborieuse, montant pour vivre heureux sur des nefs et des quadriges. Ce que tu cherches est ici, à Ulubræ, si l’égalité d’âme ne te fait pas défaut.
Category: Horace
A Lollius – Epitre, I, II
Que recherchent les hommes ? De l’argent, une femme riche pour leur donner des enfants, des boqueteaux incultes à faire défricher par la charrue. Quand on a le nécessaire, on ne devrait désirer rien de plus. Ce n’est pas une maison, une propriété, un tas d’or et de bronze, qui guériront ton corps de la maladie et de la fièvre, ton âme du tourment. Si l’on veut jouir des biens que l’on a amassés, il faut commencer par bien se porter. Lorsqu’on est ravagé par le désir ou la crainte, on éprouve, à être un riche propriétaire, tout juste le plaisir que fait un tableau à l’homme qui a mal aux yeux, des linges fins à un goutteux, le son de la cithare à celui dont les oreilles sont malades et pleines d’humeurs. Quand un vase n’est pas propre, tout ce qu’on y verse devient aigre.
Horace -Odes
Pour toi, Mécène, descendant des rois tyrréniens, une jarre de vin doux jamais encore inclinée, des pétales de roses et, pour tes cheveux, de l’huile de ben, t’attendent depuis longtemps en ma demeure.
Dégage-toi de toute obligation, tu ne dois plus te contenter de regarder de loin la fraîche Tibur, les collines d’Efula et les sommets du parricide Télégone. Abandonne cette abondance qui cause presque l’écœurement, laisse ce palais qui se dresse jusqu’aux nuages, détourne-toi du spectacle de l’éblouissante Rome, avec ses fumées, ses richesses et son tapage.
En général, les riches apprécient le changement, et un repas ordinaire, pris dans une humble demeure dépourvue de tentures et de pourpre, a souvent déridé leur front soucieux.
Déjà, le père rayonnant d’Andromède dévoile les feux qu’il masquait, déjà Procyon et le Lion céleste font ressentir leurs excès et le soleil provoque le retour des jours arides. Déjà le berger, fourbu, cherche, avec son troupeau affaibli, l’ombre en bordure des ruisseaux ou les fourrés de l’ombrageux Sylvain. Sur le rivage, maintenant silencieux, les vents vagabonds font défaut.
Et toi, ce qui fait ton souci c’est le bon équilibre de la cité, et, plein d’anxiété tu t’inquiètes des intentions des Sères, de celles des Bactres sur lesquels régna Cyrus, des dissensions entre les peuples riverains du Tanaïs.
Un dieu prévoyant a recouvert d’une nuit ténébreuse tout ce qui doit arriver et il regarde avec dérision le mortel préoccupé d’événements situés bien au-delà de ce qui lui est permis. Garde toujours en mémoire que tu ne peux disposer sereinement que du présent, tout le reste est emporté à la manière de ces fleuves qui, tantôt s’écoulent tranquillement dans leur lit vers la mer Étrusque, tantôt charrient pêle-mêle blocs de rochers, arbres déracinés, troupeaux et maisons, dans le fracas retentissant des montagnes boisées, quand des averses torrentielles ont provoqué la colère de ces eaux communément paisibles.
Celui-là vivra maître de lui et heureux à qui il est permis chaque jour de dire “J’ai vécu”.
Que Jupiter, demain, remplisse les cieux d’une sombre nuée ou qu’il y fasse briller un clair soleil, cela ne rendra pas vain notre passé. Ce que l’heure fugitive a une fois emporté ne pourra pas être changé, ne pourra pas ne pas avoir existé.
La Fortune, jouant avec ténacité son jeu fantasque, et satisfaite de ce rôle cruel, porte au hasard ses dons incertains: bienveillante aujourd’hui pour moi, elle le sera demain pour un autre. Qu’elle reste et j’en chanterai les louanges, qu’elle prenne son essor et je lui rendrai ce qu’elle m’a donné; je me draperai dans ma dignité et ne prétendrai, démuni, qu’à une humble mais honnête vie.
Si le mât de mon navire gémit sous les tempêtes portées par le vent d’Afrique, ce n’est pas moi que l’on verra débiter aussitôt de misérables prières et prononcer des serments pour obtenir des dieux que mes marchandises, en provenance de Chypre ou de Tyr, n’aillent pas accroître les richesses de la mer avare. Dans de telles circonstances, un simple esquif à deux rames me fera traverser en toute sécurité la tumultueuse mer Egée, poussé par un vent favorable et sous la bonne garde des Gémeaux.
Odes, III, 29, “A Mécène”
Horace
[A compléter]
Sage, dételle à temps ton vieux cheval fourbu
Avant qu’il bronche à faire rire et ne soit fin rendu
Epitres, I, I, 8-9
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J’ai achevé un monument plus durable que l’airain, plus haut que les royales pyramides, que ni la pluie qui ronge, ni l’Aquilon ne pourront détruire, ni l’innombrable suite des années, ni la fuite des temps. Je ne mourrai pas tout entier, et une grande part de moi-même évitera la Déesse funèbre
Exegi momentum
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Quand les rois sont fous furieux, les Grecs souffrent.
Épîtres I, 2, vers 14
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D’ou vient, Mécène, que nul ne vit content de sa condition, soit que la raison la lui ait faite, soit que la destinée la lui ait jetée, et qu’il vante celle des autres ? – “O heureux marchands !” dit le soldat lourd d’années, les membres rompus par une longue fatigue. Et le marchand sur sa nef battue des vents : “Le métier de soldat vaut mieux ! quoi, en effet ? on se bat ; et, dans l’espace d’une heure, c’est une prompte mort ou une joyeuse victoire.” L’homme habile en droit et dans les lois envie le laboureur, quand le client pousse sa porte dès le chant du coq ; et le laboureur, arraché de son champ et amené, dans la ville par les assignations, ne proclame heureux que ceux qui vivent en ville.
Satires, livre I, 1, vers 1-12
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Pourquoi tendons-nous à tant de choses, nous qui vivons si peu ? Pourquoi cherchons-nous des terres chauffées par un autre soleil ?
Odes, II, 16,vers 18-20
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Non, l’ivoire pas plus que l’or
Ne brille aux noirs plafonds de ma simple retraite ;
Nul portique n’y mêle encore
Le marbre de l’Afrique au marbre de l’Hymette.
Content de mon humilité,
Je n’ai point envahi le palais d’un Attale (Souverain de Pergame
De nobles mains ne m’ont doté
D’aucun de ces tissus où la pourpre s’étale.
La soif de l’or, Ode XVIII livre II.
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La coupe en main ce soir, chassons, pleins d’espérance,
Tout souvenir de nos revers ;
Demain, d’un libre essor, dans l’horizon immense,
Nous tenterons encor les mers.
Tibur, ode VII, livre 1
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Non, ne recherche point, c’est le secret des cieux !
A mes ans comme aux tiens quel terme ont mis les dieux ;
N’en crois pas les calculs qu’invoque Babylone.
Qu’l vaut bien mieux souffrir ce que le sort ordonne !
Soit qu’il ajouter encore au nombre de tes jours,
Soit que sa main avare en ait borné le cours
Au rigoureux hiver qui maintenant déchaîne
Contre ses bords rocheux le golfe de Tyrrhène,
Leuconoé, sois sage et rafraîchis ton vin.
Que ton plus long espoir mesure un cours espace !
Tandis que nous parlons, le temps jaloux s’efface :
Cueille la fleur du jour sans croire au lendemain.
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