C’était ça ou mourir

Je suis parti. Encore. En marchant dans les rues de Santiago, j’ai croisé des regards qu’on réserve habituellement aux chiens errants. Même pas de la pitié. Le genre de regards qui te passent à travers comme à travers une vitre sale.

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Chaque soir, les camions de canne passaient, remplis à craquer de nos muscles invisibles. On les regardait partir comme un rêve qu’on a prêté à quelqu’un d’autre.

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Quand le bitume a recouvert la terre, l’Ingeniero a dit : — Mira, une route moderne ! Moi, j’ai pensé : moderne, peut-être. Humaine, jamais.