Textes

Extraits épars Hölderlin

–Une chose demeure ferme. Que midi sonne ou que le temps s’allonge
Dans le cœur de la nuit, une mesure est là toujours,
Commune
A tous, et chacun cependant reçoit en propre son destin.

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Delphes dort, et la voix du grand Destin, où sonne-t-elle ?

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Par instants seul l’homme soutient le poids de la divine plénitude.
Un rêve d’eux : telle ensuite est la vie.

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Ah! Si peu nous connaître
Parce qu’en nous règne un dieu

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La vie de l’esprit entre amis, la pensée qui se forme dans l’échange de parole par écrit et de vive voix, sont nécessaires à ceux qui cherchent. Hors cela nous sommes pour nous-mêmes sans pensée. Penser appartient à la figure sacrée qu’ensemble nous figurons

J’ai tant rêvé de toi

J’ai tant rêvé de toi que tu perds ta réalité.
Est-il encore temps d’atteindre ce corps vivant
Et de baiser sur cette bouche la naissance
De la voix qui m’est chère?

J’ai tant rêvé de toi que mes bras habitués
En étreignant ton ombre
A se croiser sur ma poitrine ne se plieraient pas
Au contour de ton corps, peut-être.
Et que, devant l’apparence réelle de ce qui me hante
Et me gouverne depuis des jours et des années,
Je deviendrais une ombre sans doute.
O balances sentimentales.

J’ai tant rêvé de toi qu’il n’est plus temps
Sans doute que je m’éveille.
Je dors debout, le corps exposé
A toutes les apparences de la vie
Et de l’amour et toi, la seule
qui compte aujourd’hui pour moi,
Je pourrais moins toucher ton front
Et tes lèvres que les premières lèvres
et le premier front venu.

J’ai tant rêvé de toi, tant marché, parlé,
Couché avec ton fantôme
Qu’il ne me reste plus peut-être,
Et pourtant, qu’a être fantôme
Parmi les fantômes et plus ombre
Cent fois que l’ombre qui se promène
Et se promènera allègrement
Sur le cadran solaire de ta vie.

Halina Poswiatowska


mon Dieu aie Pitié de moi
pourquoi m’as-tu créée à la dissemblance
des pierres dures
je suis emplie de tes mystères
je change l’eau en vin du désir
le vin – je le change en flamme de sang
Dieu de ma douleur
d’un souffle de satin habille
le nid vide de mon coeur
doucement – sans froisser les ailes
insuffle en moi l’oiseau
dont la voix argentine est tendressees

Lettres à Lou-Andreas Salomé

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“De là la situation fascinante de l’oiseau sur ce chemin vers le dedans ; son nid est presque un corps maternel extérieur à lui consenti par la nature et qu’il se borne à aménager et à couvrir, au lieu d’y être entièrement contenu. Aussi a-t-il, de tous les animaux, le rapport affectif le plus confiant avec le monde extérieur, comme s’il se savait lié à lui par le plus intime secret. C’est pourquoi il chante au sein du monde comme s’il chantait au-dedans de lui-même, c’est pourquoi nous accueillons si aisément son chant en nous, il nous semble le traduire dans notre sensibilité sans aucune perte, il peut même transformer pour nous, un instant, le monde tout entier en espace intérieur, parce que nous sentons que l’oiseau ne distingue pas entre son coeur et celui du monde”

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Auprès de ceux qui sont toujours chez eux,
Je suis comme qui fut en mer lointaine;
la substance des jours est sur leurs tables,
mais pour moi la distance n’est plus que figure

Il vient un monde jusqu’à mon visage
peut être inhabité comme la lune
eux ne croient aucun astre solitaire
et toutes leurs paroles sont peuplées 

Toutes les choses que j’ai rapportées 
semblent étranges – à côté des leurs
dans leur vaste patrie elles sont des bêtes 
Ici elles retiennent leur souffle, de honte…

***

Ce fut une des heures rares. Des heures qui sont comme le cœur d’une île ceinte d’épaisses floraisons : les vagues, au-delà de ces remparts printaniers, respirent presque imperceptiblement, et pas une barque qui remonte du fond du passé, pas une qui veuille continuer vers l’avenir.

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Je veux rêver de légers rêves et parer ma chambre de leur éclat comme de guirlandes, pour l’accueil.

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Il n’est pas seulement précieux que deux etres se reconnaissent, il est capital qu’ils se rencontrent au bon moment et célèbrent ensemble de profondes et silencieuses fêtes qui les soudent dans leurs désirs, afin d’être unis devant les orages

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S’il fallait appeler « moi » cette conscience absolument incohérente, isolée jusqu’à l’égarement, coupée des voix du silence, qui retombe en soi comme dans une vasque vide, comme dans les profondeurs d’un étang d’eau stagnante peuple de bêtes nées de la pourriture : qui serait-on alors?

***

Peux tu te représenter cela : toutes choses altérées et détachées de ma sensibilité, je me vois rejeté du monde où tout est familier, proche et chargé de sens, dans un autre espace, incertain, indiciblement inquiétant 

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Toute la bâtisse de souffrance sous laquelle ils vivaient, lentement, comme des tortues

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Dès la première fois que j’allai voir Rodin et déjeunai chez lui à Meudon, avec des gens qu’on ne vous présentait pas, étrangers réunis à une même table, je compris que sa maison n’était rien pour lui, une misérable nécessité peut être, un toit pour s’abriter de la pluie et dormir dessous ; que ce n’était pas un souci pour lui, ni pour sa solitude et son recueillement un fardeau. Il avait tout au fond de lui l’obscurité, le refuge et le calme d’une maison, et lui-même était le ciel par-dessus, était la forêt tout autour, et l’étendue, était le fleuve qui coulait à jamais devant. Quel solitaire, ce vieillard abîmé en lui-même, debout, plein de sève, comme un vieil arbre en automne. Il s’est fait profond ; il a creusé une profondeur à son coeur dont les battements viennent de loin, comme du centre d’une montagne. Ses pensées circulent en lui, le comblent de gravité et de douceur sans se perdre en surface. Il s’est endurci, fermé à l’inessentiel, et se dresse au milieu des autres hommes comme sous la protection d’une vieille écorce. Mais pour l’essentiel, il se dénoue aussitôt, et près des choses ou quand les hommes et les bêtes le touchent muette ment à la façon des choses, il est grand ouvert. 

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Je vivrai là, silencieux, dans la compagnie des choses, reconnaissant pour tout ce qui me préservera du trop quotidien.

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Dans l’inapparent, les lois jouent plus naïvement, parce qu’elles se croient inobservées, seules avec les choses.

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Là où les nuits sont vastes, leur sonorité est profonde, comme s’ils allaient la chercher infiniment loin pour l’accomplir.

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tu étais l’antidote de tous mes doutes et la preuve vivante, à mes yeux, que tout ce que tu touches, atteins, regardes, existe. Le monde perdit pour moi son côté nuageux, cette aisance à se faire comme à se défaire qui était l’indice et faisait l’indigence de mes premiers vers ; des choses apparurent, des bêtes indistinctes, des fleurs réelles ; j’appris une simplicité, j’appris lentement, malaisément, que tout est simple, et je devins assez mûr pour parler du simple.

Rilke

Ne demande à personne de parler de toi, même pas avec dédain. Et si le temps passe et que tu t’aperçoives que ton nom circule parmi les hommes, n’en fais pas plus de cas que tout ce que tu trouves dans leur bouche. Pense qu’il est devenu mauvais, et rejette-le. Prends-en un autre, n’importe lequel, pour que Dieu puisse t’appeler en pleine nuit. Et tiens-le secret à tous. 

La retraite

Aux bords de ton lac enchanté,
Loin des sots préjugés que l’erreur déifie,
Couvert du bouclier de ta philosophie,
Le temps n’emporte rien de ta félicité ;
Ton matin fut brillant ; et ma jeunesse envie
L’azur calme et serein du beau soir de ta vie !

Ce qu’on appelle nos beaux jours
N’est qu’un éclair brillant dans une nuit d’orage,
Et rien, excepté nos amours,
N’y mérite un regret du sage ;
Mais, que dis-je ? on aime à tout âge :
Ce feu durable et doux, dans l’âme renfermé,
Donne plus de chaleur en jetant moins de flamme ;
C’est le souffle divin dont tout l’homme est formé,
Il ne s’éteint qu’avec son âme.

Etendre son esprit, resserrer ses désirs,
C’est là ce grand secret ignoré du vulgaire :
Tu le connais, ami ; cet heureux coin de terre
Renferme tes amours, tes goûts et tes plaisirs ;
Tes voeux ne passent point ton champêtre domaine,
Mais ton esprit plus vaste étend son horizon,
Et, du monde embrassant la scène,
Le flambeau de l’étude éclaire ta raison.

Tu vois qu’aux bords du Tibre, et du Nil et du Gange,
En tous lieux, en tous temps, sous des masques divers,
L’homme partout est l’homme, et qu’en cet univers,
Dans un ordre éternel tout passe et rien ne change ;
Tu vois les nations s’éclipser tour à tour
Comme les astres dans l’espace,
De mains en mains le sceptre passe,
Chaque peuple a son siècle, et chaque homme a son jour ;
Sujets à cette loi suprême,
Empire, gloire, liberté,
Tout est par le temps emporté,
Le temps emporta les dieux même
De la crédule antiquité,
Et ce que des mortels dans leur orgueil extrême
Osaient nommer la vérité.

Au milieu de ce grand nuage,
Réponds-moi : que fera le sage
Toujours entre le doute et l’erreur combattu ?
Content du peu de jours qu’il saisit au passage,
Il se hâte d’en faire usage
Pour le bonheur et la vertu.

J’ai vu ce sage heureux ; dans ses belles demeures
J’ai goûté l’hospitalité,
A l’ombre du jardin que ses mains ont planté,
Aux doux sons de sa lyre il endormait les heures
En chantant sa félicité.
Soyez touché, grand Dieu, de sa reconnaissance.
Il ne vous lasse point d’un inutile voeu ;
Gardez-lui seulement sa rustique opulence,
Donnez tout à celui qui vous demande peu.
Des doux objets de sa tendresse
Qu’à son riant foyer toujours environné,
Sa femme et ses enfants couronnent sa vieillesse,
Comme de ses fruits mûrs un arbre est couronné.
Que sous l’or des épis ses collines jaunissent ;
Qu’au pied de son rocher son lac soit toujours pur ;
Que de ses beaux jasmins les ombres s’épaississent ;
Que son soleil soit doux, que son ciel soit d’azur,
Et que pour l’étranger toujours ses vins mûrissent.

Pour moi, loin de ce port de la félicité,
Hélas ! par la jeunesse et l’espoir emporté,
Je vais tenter encore et les flots et l’orage ;
Mais, ballotté par l’onde et fatigué du vent,
Au pied de ton rocher sauvage,
Ami, je reviendrai souvent
Rattacher, vers le soir, ma barque à ton rivage.

Jean Cocteau

Que deviendrais-je sans le rire? Il me purge de mes dégoûts. Il m’aère. Il ouvre les portes et les fenêtres. Il bat mes meubles. Il secoue mes rideaux. Il est le signe que je ne sombre pas tout à fait dans la contagion du monde végétal où j’évolue.

C’est une grande époque, et noble, que celle où de telles nuances préoccupent les esprits. Et Picasso a bien raison de dire qu’un gouvernement qui punirait un peintre pour s’être trompé de couleur et de ligne serait un grand gouvernement. 

La durée humaine n’appartient qu’à ceux qui périssent la minute, la sculptent et ne se préoccupent pas du verdict

Nous sommes tous malades et ne savons lire que les livres qui traitent de notre maladie.

Il ne cherchait pas à savoir si son amour était réciproque. Il pouvait dire, avec Goethe « Je t’aime : est ce que cela te regarde?

(Réflexions dans La difficulté d’être)i

Jeanne Dortzal

Donne… Elargis tes yeux jusqu’à sentir le vide
S’engouffrer sous ta peau.
Perçois-tu le rivage où le temps se dévide?
Cette grappe d’air chaud,

Cette odeur mgnétique et ce bouclier d’ombre,
Cet antre velouté cachant dans ses replis
Les soleils que j’enfourne et ce ciel en décombre,
N’ont-ils pas, sous ta lèvre, un goût de paradis?

Allongé comme un dieu sur la stèle qui bouge,
Tes deux bras soulevant ce calice entr’ouvert,
N’as-tu pas déployé, comme une voile rouge,
Mon désir dont l’essor a dépassé ma chair?

Ah! que ma volupté te soit comme une amphore,
Où ton front viendra boire et buter ton cerveau;
Ce ciel qui nous enserre et que l’instant redore,
D’un bond nous a remis, ce soir, à son niveau.

Je t’ai voulu semblable à ces bêtes qui ploient,
Et dont les reins puissants maintiennent sur le sol
La lumière et l’odeur des saisons qu’on déploie,
Comme si l’univers tirait sur leur licol.

Et cependant nous serons tels que cet abîme,
Les astres flotteront un jour entre nous deux;
Chacun se dressera pour toucher l’autre cime,
Le torse balafré de larmes et d’adieux.

Viens, la nuit qui descend s’élargit comme une île,
Rien de nous ne saurait mourir; ferme tes bras
Sur la chambre qui plane et dont l’orbe immobile
Concentre l’infini des cieux qu’on n’atteint pas.

En me donnant à toi de toute ma tristesse,
T’aurais-je donc courbé vers ma gorge, ô bonheur?
Suis-je un rayon brisé de quelque astre en détresse
Pour sentir ruisseler ces larmes dans mon coeur?

Comme tu m’apparais lumineux et profane,
Avec ta chevelure où ma bouche a roulé.
Golfe du souvenir où cinglent des tartanes,
Dans une odeur de miel et de raisin foulé!

Ah! dussé-je engloutir ma force et disparaître
Dans cette houle où mon baiser s’est suspendu,
J’irai, léchant la trace où s’imprime ton être,
Pour te sentir peser sur mon torse étendu.

J’aurai joui de toi jusqu’à sentir mon rêve
Eclater sous ma tempe. A chaque battement,
Projetée au-delà des saisons qu’on soulève,
J’apercevais notre âme et son aile en suspens.

Mais plus battait le soir, plus je croyais entendre,
Dans un chaos de fleurs, de musique et d’encens,
Nos fronts briser cette ombre où nous allons descendre,
Et cette plainte allait toujours s’élargissant.

Etreignons-nous! le temps a besoin de pâture.
En lui jetant nos corps, puissions-nous contempler
Un halo formidable autour d’une ossature,
Et ciel qui sur nous semble avoir débordé.

La croix de sable, 1927.

C’est une chose étrange…

C’est une chose étrange à la fin que le monde
Un jour je m’en irai sans en avoir tout dit
Ces moments de bonheur ces midi d’incendie
La nuit immense et noire aux déchirures blondes

Rien n’est si précieux peut-être qu’on le croit
D’autres viennent
Ils ont le cœur que j’ai moi-même
Ils savent toucher l’herbe et dire je vous aime
Et rêver dans le soir où s’éteignent des voix

D’autres qui referont comme moi le voyage
D’autres qui souriront d’un enfant rencontré
Qui se retourneront pour leur nom murmuré
D’autres qui lèveront les yeux vers les nuages

Il y aura toujours un couple frémissant
Pour qui ce matin-là sera l’aube première
Il y aura toujours l’eau le vent la lumière
Rien ne passe après tout si ce n’est le passant

C’est une chose au fond que je ne puis comprendre
Cette peur de mourir que les gens ont en eux
Comme si ce n’était pas assez merveilleux
Que le ciel un moment nous ait paru si tendre

Oui je sais cela peut sembler court un moment
Nous sommes ainsi faits que la joie et la peine
Fuient comme un vin menteur de la coupe trop pleine
Et la mer à nos soifs n’est qu’un commencement

Mais pourtant malgré tout malgré les temps farouches
Le sac lourd à l’échiné et le cœur dévasté
Cet impossible choix d’être et d’avoir été
Et la douleur qui laisse une ride à la bouche

Malgré la guerre et l’injustice et l’insomnie
Où l’on porte rongeant votre cœur ce renard
L’amertume et
Dieu sait si je l’ai pour ma part
Porté comme un enfant volé toute ma vie

Malgré la méchanceté des gens et les rires
Quand on trébuche et les monstrueuses raisons
Qu’on vous oppose pour vous faire une prison
De ce qu’on aime et de ce qu’on croit un martyre

Malgré les jours maudits qui sont des puits sans fond
Malgré ces nuits sans fin à regarder la haine
Malgré les ennemis les compagnons de chaînes
Mon Dieu mon
Dieu qui ne savent pas ce qu’ils font

Malgré l’âge et lorsque soudain le cœur vous flanche
L’entourage prêt à tout croire à donner tort
Indiffèrent à cette chose qui vous mord
Simple histoire de prendre sur vous sa revanche

La cruauté générale et les saloperies
Qu’on vous jette on ne sait trop qui faisant école
Malgré ce qu’on a pensé souffert les idées folles
Sans pouvoir soulager d’une injure ou d’un cri

Cet enfer
Malgré tout cauchemars et blessures
Les séparations les deuils les camouflets
Et tout ce qu’on voulait pourtant ce qu’on voulait
De toute sa croyance imbécile à l’azur

Malgré tout je vous dis que cette vie fut telle
Qu’à qui voudra m’entendre à qui je parle ici
N’ayant plus sur la lèvre un seul mot que merci
Je dirai malgré tout que cette vie fut belle

-Louis Aragon