Muscle floral …

Muscle floral, ouvrant à l’anémone
Par lents degrés le matin des prairies, 
Jusqu’à ce qu’en son sein les cieux déversent

Leur clarté, leur pleine polyphonie, 
Muscle tendu de l’accueil infini 
Au cœur de cet astre en fleur,
Accablé parfois de tant d’abondance

Que c’est à peine, au signal du couchant,
Si les plus loin rebords de tes pétales
Peuvent alors se replier vers toi : 
Force et décision, toi, de tant de mondes !

Nous, les violents, nous durons plus longtemps.
Mais quand, dans quelle existence entre toutes, nous ouvrons nous enfin pour accueillir ? 

Rilke

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