Fleur, vigne et fruit,

Fleur, vigne et fruit, notre lien existe avec eux.
Leur langage n’est pas que celui des saisons.
De l’ombre monte un faste de couleurs, en elles ce qui éclate est peut être la jalousie

Des morts, des morts qui font la force de la terre.
Quel savoir avons-nous de la part qu’ils y prennent ? 
Leur moelle en liberté, ils ont depuis longtemps 
leur façon d’en doter, d’en imprégner la glaise.

Reste alors la question : le font-ils de bon gré?
Ce fruit est-il de suite, œuvre de grands esclaves, 
Plein et dense expédié là-haut, vers nous leurs maîtres ?

Les maîtres, serait-ce eux, dormant près des racines, 
et de leur superflu nous accorderaient-ils
cette chose entre force muette et baiser?

(Rilke)

Leave a comment