Salut à l’esprit

Salut à l’esprit, qui sait nous unir,
Car nous ne vivons vraiment qu’en figures.
A pas menus les horloges ne font
Que côtoyer nos véritables jours.

Sans que notre lieu vrai nous soit connu,
Notre action provient d’un rapport réel.
L’antenne entre en contact avec l’antenne,
Et le porteur, c’était au loin le vide…

Pure tension. Ô musique des forces !
N’est ce pas grâce aux besognes futile
Qu’est détourné de toi le moindre trouble ?

Le paysan a beau veiller à tout,
Là où le grain en été se transforme, 
Jamais il n’y suffit. La terre donne.

Rilke

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