Ainsi donc : cela sort de moi et cela se
dilue dans l’air et dans les sensibles bosquets,
cela, léger, m’échappe et cesse d’être à moi
et brille, de ne rencontrer aucun refus.
De moi sans trêve cela se détache,
je ne veux pas partir, j’attends, je tarde,
mais la hâte est dans toutes mes limites,
elles se ruent et déjà sont là-bas.
Même dans le sommeil. Rien assez ne nous lie.
Milieu docile en moi, noyau trop faible
pour maintenir sa chair. Fuite et envol
de tous les points de toute ma surface.
Ce qui prend forme là et me ressemble
et, tremblant monte en signes pleins de larmes,
a pu peut être ainsi dans une femme
renaître, mais restait hors de portée,
si loin que j’aille le poursuivre en elle.
Maintenant c’est couché sur l’eau éparse,
indifférente, et sous ma couronne de roses,
je puis longtemps le contempler, surpris.
Là ce n’est pas aimé. Il n’y a là-dessous
que pierres impassibles écroulées,
et je vois bien à quel point je suis triste.
Fut-ce là mon image dans ses yeux ?
Se changeait-elle ainsi, peu à peu dans son rêve,
en douce peur? Je pressens presque la sienne.
Car, lorsque je me perds en mon regard,
je pourrais croire que je suis meurtrier.