Poème à mon fils Blaise

La clef est dans le pot à fleurs. Si nous ne devions plus nous revoir, rappelle-toi, Dieu n’existe pas.
Ne te fais pas détruire à tort et à travers. Même si on t’enjoint de le faire, ne te jette pas dans la première guerre venue. Rappelle-toi, choisis ta femme, ton camp et ta mort si faire se peut. A l’occasion, n’hésite pas, tue les tueurs.
Je sais où ma pensée te blesse. Des siècles d’angoisse pèsent sur toi. Tu lèves la tête, tu cherches appui. Rappelle-toi, si par miracle, Dieu existe, ce n’est pas lui qui me contredira ; depuis l’âge de six ans je fais mon métier d’homme sans copier par-dessus son épaule.
Pourtant, parfois, on dirait que c’est lui qui écrit mon poème.

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