Les remparts

Mon rempart c’est le pouvoir qui organise ces provisions souterraines et les amène à la conscience. Car ils sont obscurs tes besoins et incohérents et contradictoires. Tu cherches la paix et la guerre, les règles du jeu pour jouir du jeu et la liberté pour jouir de toi-même. L’opulence pour t’en satisfaire et le sacrifice pour t’y trouver. La conquête des provisions pour la conquête et la jouissance des provisions pour les provisions. La sainteté pour la clarté de ton esprit et les victoires de la chair pour le luxe de ton intelligence et de tes sens. La ferveur de ton foyer et la ferveur dans l’évasion. La charité à l’égard des blessures, et la blessure de l’individu à l’égard de l’homme. L’amour construit dans la fidélité imposée, et la découverte de l’amour hors de la fidélité. L’égalité dans la justice, et l’inégalité dans l’ascension. Mais à tous ces besoins en vrac comme une rocaille dispersée quel arbre fonderas-tu toi qui les absorbe et les ordonne et de toi tire un homme ? Quelle basilique vas-tu bâtir qui use de ces pierres? Mon rempart c’est la graine d’abord que je te propose. Et la forme du tronc et des branches. D’autant plus durable l’arbre, qu’il organisera mieux les sucs de la terre. D’autant plus durable ton empire qu’il absorbera mieux ce qui de toi se propose. Et vains sont les remparts de pierre quand ils ne sont plus qu’écailles d’un mort.

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