Pessoa

Qui donc me sauvera d’exister ? Ce n’est pas la mort que je veux ni la vie : mais cet autre chose qui luit au fond de mon désir angoisse, comme un diamant imaginé au fond d’une caverne dans laquelle on ne peut descendre. C’est tout le poids, toute la douleur de cet univers réel et impossible, de ce ciel, étendard d’une armée inconnue, des ces tons pâlissant lentement dans un air fictif, où le croissant d’une lune imaginaire émerge dans une blancheur électrique et figée, découpé en bords lointains et insensibles. C’est le manque immense d’un dieu véritable qui est ce cadavre vide, cadavre profond du ciel et de l’âme captive

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