Dieu ne parle à chacun qu’avant de le créer
puis sans un mot il sort avec lui de la nuit.
Mais ces paroles d’avant le commencement,
ces paroles dans les nuées, les voici :
Envoyé par tes sens vers le dehors,
va jusqu’au bout de ta nostalgie ;
donne-moi vêtement.
Grandis derrière les choses comme un incendie
afin que toujours leurs ombres déployées
entièrement me recouvrent.
Laisse toute chose t’arriver : le beau et le terrible.
Il suffit d’aller : aucun sentiment n’est encore l’extrême.
Ne te laisse pas séparer de moi.
Proche est le pays
que l’on nomme la vie.
Tu le reconnaîtras
à sa gravité.
Donne-moi la main.
Le Livre de la vie monastique