Ne laisse pas, le fait de l’enfance (cette fidélité sans nom des Célestes), le Destin te le reprendre :
Même le prisonnier qui se corrompt obscurément dans sa cellule, elle l’aura nourri en secret jusqu’au bout. Elle garde le cœur intemporel…
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Il vient un moment où le bonheur – la tranquillité – c’est d’avoir usé autour de soi beaucoup de choses, jusqu’à la corde, à force de s’y être top frotté – à force d’y avoir trop pensé. C’est cela qu’on nomme l’égoisme des vieillards : ils sont seulement devenus plus épais de ce que tant de choses autour d’eux se sont amincies. Il ne s’usent pas, ce sont les choses autour d’eux qui s’usent.
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Car ne crois pas que ce soit vanité
Si je te dis que nul ne vit sa vie.
Les hommes sont hasards, voix et débris,
angoisses, jours de tous les jours, piètres bonheurs
Déguisés dès l’enfance, travestis,
Masques majeurs, mais visages muets.
Je rêve qu’il doit être des musées
Où se conservent ces multiples vies
Comme armures, litières, ou berceaux
Dont nul être réel n’a fait usage
Ou des costumes qui ne tiennent pas
Tout seuls, et qui s’affaissent en frôlant
De puissants murs voûtés de pierre.
Et quand je sors, le soir, toujours plus loin
de mon jardin pour fuir ma lassitude,
je sais qu’alors mènent tous les chemins,
à l’arsenal des choses invécues…
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Chante, mon coeur, tes jardins inconnus ; jardins
comme pris en cristal, transparents, hors d’atteinte.
D’Ispahan, de Chiraz, chante-les, eaux et roses,
célèbre-les en joie, eux à rien comparables.
Montre, mon coeur, que d’eux jamais tu n’es manquant.
Que c’est pensant à toi que leurs figures mûrissent.
Qu’a travers les rameaux en fleurs tu t’entretiens
avec leurs souffle d’air enchéris en visages.
Evite cette erreur de croire à quelque manque,
dès lors que c’en est fait, décidé, ceci : d’être !
Tu viens d’intégrer, fil de soi, au tissu.
Quelle que soit l’image à quoi tu t’es uni,
sens (serait-ce un moment où la vie est supplice)
qu’il y va du tapis, de l’ensemble en sa gloire.