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Le poète recommande : « penchez vous, penchez vous davantage. » il ne sort pas toujours indemne de sa page, mais comme le pauvre il sait tirer parti de l’éternité d’une olive
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Le cerveau, plein à craquer de machines, pourra-t-il encore garantir l’existence du mince ruisselet de rêve et d’évasion ? L’homme, d’un pas de somnambule, marche vers les mines meurtrières, conduit par le chant des inventeurs…
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J’ai confectionné avec des déchets de montagnes des hommes qui embaumeront quelque temps les glaciers…
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Nous sommes pareils à ces poissons retenus vifs dans la glace des lacs de montagne. La matière et la nature semblent les protéger cependant qu’elles limitent à peine la chance du pêcheur.
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Il ne faudrait pas aimer les hommes pour leur être d’un réel secours. Seulement désirer rendre meilleure telle expression de leur regard lorsqu’il se pose sur plus appauvri qu’eux, prolonger d’une seconde telle minute agréable de leur vie. A partir de cette démarche et chaque racine traitée, leur respiration se ferait plus sereine. Surtout, ne pas entièrement leur supprimer ces sentiers pénibles, à l’effort desquels succède l’évidence de la vérité à travers pleurs et fruits
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La contre-terreur, c’est ce vallon que peu à peu le brouillard comble, c’est le fugace bruissement des feuilles comme un essaim de fusées engourdies, c’est cette pesanteur bien répartie, c’est cette circulation ouatée d’animaux et d’insectes tirant mille traits sur l’écorce tendre de la nuit, c’est cette graine de luzerne sur la fossette d’un visage caressé, c’est cet incendie de la lune qui ne sera jamais un incendie, c’est un lendemain minuscule dont les intentions nous sont inconnues, c’est un buste aux couleurs vives qui s’est plié en souriant, c’est l’ombre à quelques pas, d’un bref compagnon accroupi qui pense que le cuir de sa ceinture va céder… qu’importent alors l’heure et le lieu où le diable nous a fixé rendez-vous!
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Ce soir un village d’oiseaux
Très haut exulte et passe
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L’action qui a un sens pour les vivants n’a de valeur que pour les morts, d’achèvement que dans les consciences qui en héritent et la questionnnent.
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Certains de mes actes se frayent une voie dans ma nature comme le train parcourt la campagne, suivant la même involonté, avec le même art qui fuit.
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L’homme qui ne voit qu’une source ne connaît qu’un orage. Les chances en lui sont contrariées
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Nous regardions couler devant nous l’eau grandissante. Elle effaçait d’un coup la montagne, se chassant de ses flancs maternels. Ce n’étais pas un torrent qui s’offrait à son destin mais une bête ineffable dont nous devenions la parole et la substance. Elle nous tenait amoureux sur l’arc tout-puissant de son imagination. Quelle intervention eût pu nous contraindre? La modicité quotidienne avait fui, le sang jeté était rendu à sa chaleur. Adoptes par l’ouvert, ponces jusqu’à l’invisible, nous étions une victoire qui ne prendrait jamais fin.
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L’intelligence avec l’ange, notre primordial souci.
(Ange, ce qui, à l’intérieur de l’homme, tient à l’écart du compromis religieux, la parole du plus haut silence, la signification qui ne s’évalue pas. (…) Connaît le sang, ignore le céleste. Ange: la bougie qui se penche au Nord du cœur)
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J’ai toujours le cœur content de partager à Forcalider, de prendre un repas chez les Bardouin, de serrer les mains de Marius l’imprimeur et de Figuière. Ce rocher de braves gens est la citadelle de l’amitié. Tout ce qui entrave la lucidité et ralentit la confiance est banni d’ici. Nous nous sommes épousés une fois pour toutes devant l’essentiel.
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Le poète ne peut pas longtemps demeurer dans la stratosphere du verbe. Il doit se lover dans de nouvelles larmes et pousser plus avant dans son ordre.
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Amer avenir, amer avenir, bal parmi les rosiers…
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Épouse et n’épouse pas ta maison
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Entre les deux coups de feu qui décidèrent de son destin, il eut le temps d’appeler une mouche « Madame »
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L’acte est vierge, même répété.
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Toute la masse d’arôme de ces fleurs pour rendre sereine la nuit qui tombe sur nos larmes
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Un oiseau chante sur un fil
Cette vie simple, à fleur de terre.
Notre enfer s’en réjouit.
Puis le vent commence à souffrir
Et les étoiles s’en avisent.
Ô folles, de parcourir
Tant de fatailité profonde !
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Si l’homme parfois ne fermait pas souverainement les yeux, il finirait par ne plus voir qui vaut d’être regardé.
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On ne se bat bien que pour les causes qu’on modèle soi-même et avec lesquelles on se brûle en s’identifiant.
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A en croire le sous-sol de l’herbe où chantait un couple de grillons cette nuit, la vie prénatale devait être douce.
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On ne fait pas un lit aux larmes comme à un visiteur de passage.
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Sagesse, toi qui composes l’avenir sans croire au poids qui décourage, qu’il sente s’élancer dans son corps l’électricité du voyage
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« J’ai, captif, épousé le ralenti du lierre à l’assaut de la pierre de l’éternité. » Afin qu’il n’y soit rien changé.
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Rivière au coeur jamais détruit dans ce monde fou de prison
Garde-nous violent et ami des abeilles de l’horizon
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« Notre désir retirait à la mer sa robe chaude avant de nager sur son cœur. » Afin qu’il n’y soit rien changé,
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« N’incitez pas les mots à faire une politique de masse. »
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« La poésie porte secours à l’instinct en perdition. »
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« Le rêve, machine à mortifier le présent »
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« L’instant est une particule concédée par le temps et enflammée par nous. »
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« Nous appartenons à ces ruisseaux prodigués qui poussent leurs eaux dans des terres de plus en plus accablées. »
« Qui boit à l’éclair goûte aussi son froment. »
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« la nuit circonspecte hésite à guérir la plaie du jour. »
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« Je vous écris en cours de chute, c’est ainsi que j’éprouve l’état d’être au monde. »
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“Ne viens pas trop tôt, amour, va encore;
L’arbre n’a tremblé que sa vie;
Les feuilles d’avril sont déchiquetées par le vent.
La terre apaise sa surfaceEt referme ses gouffres.
Amour nu, te voici, fruit de l’ouragan !
Je rêvais de toi décousant l’écorce.”
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« Un poète doit laisser des traces de son passage, non des preuves. Seules les traces font rêver ».
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« À chaque effondrement des preuves, le poète répond par une salve d’avenir »
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À tous les repas pris en commun, nous invitons la liberté à s’asseoir. La place demeure vide, mais le couvert est mis.
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Voici l’époque où le poète sent se dresser en lui cette méridienne force d’ascension. (162)
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Le fruit est aveugle. C’est l’arbre qui voit. (165)
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Être du bond. N’être pas du festin, son épilogue (197)
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Dans nos ténèbres, il n’y a pas une place pour la Beauté. Toute la place est pour la Beauté. (237)
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