Montaigne

Ô frère, toi que plaint mon déplorable cœur,
Avec toi s’en sont allés tous les moments de bonheur
Dont ta douce amitié avait nourri ma vie,
Ta mort, ô mon doux frère, brise tous mes plaisirs,
Mon âme avec la tienne s’est entière ensevelie,
Et depuis que tu n’es plus j’ai vu de mon cœur s’enfuir
Tout cela que j’aimais et les joies de ma vie ;
Pourrais-je te parler ? Ta voix faudra-t-il que je l’oublie ?
Ô frère qui m’était bien plus cher que mes jours,
Je ne te verrai plus ! Du moins t’aimerai-je toujours.

Leave a comment