Poder
Si yo supiera, como sabe el agua,
discurrir y brillar entre guijarros
y ser espejo en la cerrada noche
y vastedad de cielo en una alberca;
si yo aprendiera a ser como es el agua,
que se despeña y rompe y sigue siendo
la plenitud de su alma y de su carne,
el todo de su gesto y de su modo;
si yo pudiera, como puede el agua,
derrotar, sin saberlo, la dureza
de un día sin amor que se le asome;
si tuviera, como ella, el homenaje
de la sed que la piensa, del calor
que la ansía, del polvo que la teme…
*
Si je savais, comme l’eau sait, couler et briller entre les cailloux et être miroir dans la nuit close et étendue du ciel dans un bassin ;
si j’apprenais à être comme l’eau, qui se précipite et se brise et continue d’être la plénitude de son âme et de sa chair, le tout de son geste et de sa manière ;
si je pouvais, comme l’eau peut, vaincre, sans le savoir, la dureté d’un jour sans amour qui se profile ;
si j’avais, comme elle, l’hommage de la soif qui la pense, de la chaleur qui la désire, de la poussière qui la craint…