Je suis trop seul en ce monde, et pourtant pas assez
pour sanctifier chaque heure.
Je suis trop petit en ce monde, et pourtant pas assez
pour être devant toi pareil à une chose
sombre et sage.
Je veux ma volonté, je veux l’accompagner
sur les voies de l’action ;
je veux, dans ces temps calmes, comme hésitants,
où quelque chose s’approche,
être avec ceux qui savent,
ou rester seul.
Je veux te refléter toujours dans ta totalité,
ne jamais être aveugle ou trop vieux
pour garder ta lourde image vacillante.
Je veux me déployer.
Nulle part je ne veux rester courbé
car où je suis courbé, je suis fourvoyé.
Et je veux que mon esprit
soit vérité devant toi. Je veux me décrire
comme une image lentement
soigneusement contemplée,
comme une parole bien comprise,
comme la cruche de chaque jour,
comme le visage de ma mère
comme un bateau
qui m’a porté
à travers la plus mortelle des tempêtes.
Le Livre de la vie monastique