J’ai vu dans l’œil animal
la vie paisible qui dure,
le calme impartial
de l’imperturbable nature.
La bête connaît la peur;
mais aussitôt elle avance
et sur son champ d’abondance
broute une présence
qui n’a pas le goût d’ailleurs.
*
Tout ici chante la vie de naguère,
non pas dans un sens qui détruit le demain;
on devine, vaillants, dans leur face première,
le ciel et le vent, et la main et le pain.
Ce n’est point un hier qui partout se propage
arrêtant à jamais ces anciens contours :
c’est la terre contente de son image
et qui consent à son premier jour.
*