Petits poèmes Rilke

Ce soir mon cœur fait chanter
des anges qui se souviennent…
Une voix, presque mienne,
par trop de silence tentée, 

Monte et se décide 
à ne plus revenir ; 
tendre et intrépide, 
à quoi va-t-elle s’unir ?

**

Paume, doux lit froissé
où des étoiles dormantes 
avaient laissé des plis 
en se levant vers le ciel.

Est-ce que ce lit était tel 
qu’elles se trouvent reposées,
claires et incandescentes, 
parmi les astres amis
en leur élan éternel ?

Ô les deux lits de mes mains,
abandonnés et froids,
légers d’un absent poids
de ces astres d’airain.

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