Extraits Jaccottet (2)

C’est d’avoir vu si près de moi, Si souveraines, toutes ces choses dont je n’ignore pas l’inconsistance : arbres, rochers, marées, que j’ai tiré la force de répondre à cette plainte, d’opposer à la mer illimitée des plaintes un seul baiser, une aile, une plume, un peu de paille…

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Nul n’empêche jamais la lumière exilée

De trouver son élu dans l’inconnu surpris

Elle franchit d’un bond l’espace et le jaloux

Et c’est un astre entier de plus

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Si nous marchons en silence,
Âmes de peu de durée
Entre les sombres demeures,
C’est de crainte que tu meures
Murmure perpétuel
De la lumière cachée.

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La nuit n’est pas ce que l’on croit, revers du feu
chute du jour et négation de la lumière,
mais subterfuge fait pour nous ouvrir les yeux
sur ce qui reste irrévélé tant qu’on l’éclaire

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on respire sous chaque branche 
le fouet odorant de la hâte
Comme ils dorment longtemps 
Sous les mille paupières vertes!

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Il y aura toujours ans mon oeil cependant
Une invisible rose de regret
Comme quand au-dessus d’un lac
A passé l’ombre d’un oiseau

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Les joints des mots se rompent, certains sombrent
D’autres s’éloignent, mais le fond même
Et la distance ne sont plus saisis

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