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Au premier jour des vacances, courant à la grève sous les grands nuages d’été pour se jeter tout cru dans l’alcool pétillant et salé, creusant le talus des vagues, riant au anges sur leur dos qui enflent et se brisent en éclats, échouant à leur frange pour rouler dans la froide douceur de l’écume, les membres rougis à blanc comme le fer par le feu.
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Si longtemps reclus au loin, il revoit plein de la lumière la plus gaie le peu de jours qu’ils furent ensemble. Il aura appris à ses pieds le bonheur de rire et parfois, la nuque sur ses genoux, le charme des vieilles rengaines qui semblaient aux yeux ensommeillés de l’enfant voler toutes légères dans l’espace, effleurer les hautes boiseries de la salle où il retournait le soir en coup de vent implorer une dernière chanson et une autre encore qu’elle lui accordait de bonne grâce, non sans un peu le gronder d’avoir quitté le lit après l’heure du dernier baiser.
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Ce regard très seul comme déjà repu du théâtre et que le terrible destin du monde n’aiguise plus, attentif seulement au temps personnel que chaque battement du cœur lui mesure, sans hâte ni patience attendant que la mort l’attache aux cris des vivants qui continueront par toute la terre à retentir dans l’exil et le déchaînement des combats
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Depuis la nuit des temps, le soleil, toujours ce même soleil qui étale à l’ouest sa splendide boucherie avant de plonger en terre.
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Le cortège nocturne des jeunes flibustiers arrimés comme des chèvres aux redoutes guerrières et ceux qu’il entend rire sans les voir, l’embrun qui poisse le visage, les mouettes d’une blancheur d’amande si nombreuses à quadriller l’espace, la ruée des vagues panachées d’écume éclaboussant, drossant la grève où elles s’éparpillent dans un roulement de billes, la course en plein vent sous les nuages avec le bain dans la mer à minuit et tout ce sel frais sur la bouche, c’est le ravissement de vivre, c’est l’enfance débridée, son appétit, ses rudes exploits, sa légèreté reconquise, c’est le puissant concert de l’air et des eaux que, loin du rivage emmuré, il entendait rythmer en sourdine la fable aux onze figures vocales, ce bouillon de menthe et de lait qui lui enflamme le sang, cette rumeur éolienne perdue ici sur le papier …
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