Camus – les noces

Et lorsque, le battement cadencé de la double pagaie aux ailes couleur de fruit suspendu brusquement, nous glissons longuement dans l’eau calme de la darse, comment n’être pas sûr que je mène à travers les eaux lisses une fauve cargaison de dieux où je reconnais mes frères ?
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Ce grand cri de la pierre que Djémila jette entre les montagnes, le ciel et le silence, j’en connais bien la poéie : lucidité, indiffférence, les vrais signes du désespoir ou de la beauté.
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Entre les colonnes aux ombres maintenant obliques, les inquiétudes fondaient dans l’air comme des oiseaux blessés.
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Je me sentais claquer au vent comme une mâture.
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Le vent me façonnait à l’image de l’ardente nudité qui m’entourait. Et sa fugitive étreinte me donnait, pierre parmi les pierres, la solitude d’une colonne ou d’un olivier dans le ciel d’été.

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