Je ne récrirai pas ma vie

J'allais toujours à ce qui brille à ce qui fait que c'est la fête
Je préférais ne prendre rien à prendre une chose imparfaite
C'est très joli mais l'existence en attendant ne t'attend pas
C'est très joli mais l'existence en attendant te met au pas
	Ton histoire est celle de tes défaites

Avec ça tu sais bien que tu avais l'amour-propre mal placé
Tu ne serais pas revenu sur une phrase prononcée
Tu t'embarquais dans Dieu sait quoi pour camoufler tes ignorances
Tu te faisais couper en quatre pour sauver les apparences
	Tu haletais comme un gibier forcé

Probablement qu'il y a dans toi quelque chose du sauvage
Peut-être confusément crains-tu d'être réduit au servage
Peut-être étais-tu fait pour guetter seul au travers des roseaux
Le flamant rose et lent qu'on voit posément sur les eaux
	Dans le soir avancer du fond des âges

-Aragon

Leave a comment